LGV SUD-OUEST, LE SAVIEZ-VOUS ?
Vous pensez tout savoir de la LGV (ligne à grande vitesse), et pourtant …
Commençons par le tracé de la LGV : dans le projet en cours, il s’arrête vers Laluque comme on peut le voir sur la carte ci-dessous. Au-delà, pour aller vers Dax, la côte landaise, le Pays Basque, etc., les trains rejoindront la ligne existante...
Nous restons donc à ce jour :
- Avec un projet de LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax pour lequel la commission d’enquête publique a émis un avis défavorable à la déclaration d’utilité publique en mars 2015 : ce qui n’a pas empêché A. Rousset et le gouvernement de l’imposer malgré tout en 2022
- Avec un projet incomplet puisque le tronçon vers l’Espagne est inexistant. L’engagement des études de Dax-Espagne est prévu à l’horizon du quinquennat 2038-2042. Le lancement des principaux travaux ne serait prévu qu’après 2043. Nous ne serons pas tous au rendez-vous...
En attendant, nous allons payer !
Financement : le gros risque est porté par les collectivités !
Répartition du financement : État 40 %, Collectivités territoriales 40 %, Europe 20 %
Création en mars 2022 de la SGPSO (Société du Grand Projet Sud-Ouest) : son rôle est d’aller chercher l’argent dans les poches des contribuables vivant dans les 25 collectivités territoriales membres de la SGPSO. - 2340 communes concernées (309 dans les Landes) vont financer le projet pendant 40 ans ! Elles s’engagent, qui plus est, à compenser toute défaillance d’un des contributeurs. A commencer par l’Europe dont la participation de 20% n’est pas assurée (l’Europe subventionne les projets transfrontaliers...).
- La part des contribuables locaux pourrait donc grimper jusqu’à 60 %.Drôle de façon de pratiquer l’égalité devant l’impôt pour une grande ligne destinée à être utilisée surtout par ceux qui ne la payent pas !
- La Taxe Spéciale d’Equipement (TSE),prélevée avec la taxe foncière (voir feuilles d’impôt), n’est qu’une partie de la participation des collectivités territoriales. Le plus gros du financement (70 %) est leur contribution directe à SGPSO.
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N’y a-t-il donc pas d’investissements plus urgents à faire dans les Landes quand les hôpitaux régionaux sont en quasi faillite, que le réseau secondaire SNCF est défaillant, que les services publics disparaissent, que les collectivités territoriales et locales peinent à boucler leurs budgets1 ?
Sans compter les désagréments de déplacement pour les habitants voisins du tracé ! Pas de passages à niveau mais des ouvrages d’art qui surplomberont les lignes, et ce, pas partout...
Sans compter la destruction du territoire : GPSO, c’est près de 5000 hectares de terres, dont 1230 hectares de terres agricoles et 2850 hectares de forêts détruites, des bassins versants interrompus, des sites Natura 2000 fragmentés : une catastrophe écologique annoncée !Bonne nouvelle, 14 députés et sénateurs, opposés à la LGV du Sud-Ouest, viennent de former un pôle parlementaire transpartisan le 11 avril dernier à Bayonne
Soutenons-les, demandons des comptes à nos élus
www.cade-environnement.org
Des recours judiciaires sont en cours. N’engageons pas les travaux, n’engageons pas de dépenses dans un projet qui ne se fera peut-être jamais ! C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
1 En comparaison du budget faramineux estimé pour la LGV, la rénovation de la ligne existante Bordeaux/Espagne serait d’un coût bien inférieur, environ 0,5 Milliards d’euros.
